Sur le quai du métro, il y a du monde ce matin. Tous plantés comme des pingouins.
Des trains passent sans s'arrêter... vite, trop vite... ça me fait peur, sentir ce courant d'air si fort, comme si nous étions happés vers le vide, nous tentons de rester immobiles, de résister... Je cherche des regards rassurants, ai-je tenu bon ? Suis-je toujours debout ? Hélas, mes yeux ne se cognent qu'à une forteresse d'indifférence.. mais comment leur en vouloir... peut-être sont-ils comme moi, paralysés par la peur, et chacun essaie à sa façon de tenir la distance.
La machine arrive, et nous nous engouffrons ensemble à l'intérieur. Nous sommes plus près des uns et des autres, certains commencent à observer leurs voisins, si près, on ne peut plus s'ignorer, du moins du regard. Assise sur les marches de l'escalier, la tête haute, je vois défiler des visages, et je m'interroge. Que font-ils dans la vie ? Où vont-ils ? Est-ce qu'ils recherchent la même chose que moi ? Est-ce qu'on se ressemble ?
Je m'aperçois soudainement qu'un jeune homme, au passage tout à fait charmant, type eurasien, à ses yeux posés sur moi. J'ai fais ce que tout le monde fait dans ces moments-là, j'ai baissé la tête... gênée... je ne sais pas pourquoi, il n'avait pas l'air de me vouloir du mal, peut-être qu'il était juste en train de se poser les mêmes questions que moi. Mais j'ai détourné la tête, pensant bêtement que cela serait déplacé de m'imposer, de le déranger... juste en soutenant son regard. L'impression de le déranger... C'est fou quand j'y pense... mais ça révèle bien des choses... Tout d'abord, le peu de confiance que j'ai en moi, la peur... la peur que mon apparence lui inspire du dégoût ou de l'indifférence... Je ne voulais pas lire ce qu'il pouvait penser de moi dans ses yeux.
Cette première impression basée sur notre enveloppe corporelle est tellement importante dans un contact. Et pourtant, cela peut transmettre tellement d'idées fausses. C'est nul parce que je suis paradoxale dans tout ça, bien sûr que j'ai envie qu'on me regarde, qu'on remarque ma présence... et en même temps, j'ai si peur de l'impression que je peux donner... et tout se cogne dans ma tête : aurait-il honte d'être en ma compagnie ? Que les autres le voit discuter avec moi ? Pourrait-il assumer notre amitié ? Enfin, est-ce qu'il pourrait assumer son amour pour moi ? En dépit de ce que lui dirons les autres, en dépit des critères de beauté actuels qui sont quasiment les mêmes pour tous... l'influence sociale... en dépit des tentations... Est-ce qu'il pourrait m'aimer et me désirer comme si j'étais la plus belle des femmes ? Est-ce qu'il pourrait rêver de moi la nuit ? Est-ce que je lui manquerais le soir ?...
Ce jeune homme, si j'avais soutenu son regard, qu'aurais-je pu y lire ? Aurait-il eu envie de me prendre dans ses bras, d'être tendre avec moi ? Est-ce possible que je puisse inspirer de douces pensées, juste dans un contact visuel ? ou tout court...
J'ai longtemps vécu avec un homme qui voulait me transformer pour que je corresponde à ses critères. Pour lui, j'ai frisé mes cheveux, j'ai fais du sport, j'ai porté des vêtements sexy... et pourtant, je brillais dans ses yeux uniquement lorsque l'un de ses amis lui faisait un compliment à mon sujet. Tout d'un coup, il me voyait autrement, que je le mette en valeur, il aimait ça plus que tout... mais il était toujours insatisfait. Car, les étoiles dans les yeux, n'étaient que des étoiles filantes, cela durait le temps d'une soirée. Il me disait qu'il ne pouvait pas me dire qu'il me trouvait jolie, car il ne le pensait pas... pourtant, il affirmait m'aimer... et un jour il m'a dit, que ce qu'il aimait le plus en moi... était ma façon de l'aimer... entièrement...
Est-ce que nous méritons les amours que nous vivons ?
La machine a plus de pouvoir que je ne pensais...
Au bout du compte, qui peut savoir dans quelle direction elle nous emmène ?..
Des trains passent sans s'arrêter... vite, trop vite... ça me fait peur, sentir ce courant d'air si fort, comme si nous étions happés vers le vide, nous tentons de rester immobiles, de résister... Je cherche des regards rassurants, ai-je tenu bon ? Suis-je toujours debout ? Hélas, mes yeux ne se cognent qu'à une forteresse d'indifférence.. mais comment leur en vouloir... peut-être sont-ils comme moi, paralysés par la peur, et chacun essaie à sa façon de tenir la distance.
La machine arrive, et nous nous engouffrons ensemble à l'intérieur. Nous sommes plus près des uns et des autres, certains commencent à observer leurs voisins, si près, on ne peut plus s'ignorer, du moins du regard. Assise sur les marches de l'escalier, la tête haute, je vois défiler des visages, et je m'interroge. Que font-ils dans la vie ? Où vont-ils ? Est-ce qu'ils recherchent la même chose que moi ? Est-ce qu'on se ressemble ?
Je m'aperçois soudainement qu'un jeune homme, au passage tout à fait charmant, type eurasien, à ses yeux posés sur moi. J'ai fais ce que tout le monde fait dans ces moments-là, j'ai baissé la tête... gênée... je ne sais pas pourquoi, il n'avait pas l'air de me vouloir du mal, peut-être qu'il était juste en train de se poser les mêmes questions que moi. Mais j'ai détourné la tête, pensant bêtement que cela serait déplacé de m'imposer, de le déranger... juste en soutenant son regard. L'impression de le déranger... C'est fou quand j'y pense... mais ça révèle bien des choses... Tout d'abord, le peu de confiance que j'ai en moi, la peur... la peur que mon apparence lui inspire du dégoût ou de l'indifférence... Je ne voulais pas lire ce qu'il pouvait penser de moi dans ses yeux.
Cette première impression basée sur notre enveloppe corporelle est tellement importante dans un contact. Et pourtant, cela peut transmettre tellement d'idées fausses. C'est nul parce que je suis paradoxale dans tout ça, bien sûr que j'ai envie qu'on me regarde, qu'on remarque ma présence... et en même temps, j'ai si peur de l'impression que je peux donner... et tout se cogne dans ma tête : aurait-il honte d'être en ma compagnie ? Que les autres le voit discuter avec moi ? Pourrait-il assumer notre amitié ? Enfin, est-ce qu'il pourrait assumer son amour pour moi ? En dépit de ce que lui dirons les autres, en dépit des critères de beauté actuels qui sont quasiment les mêmes pour tous... l'influence sociale... en dépit des tentations... Est-ce qu'il pourrait m'aimer et me désirer comme si j'étais la plus belle des femmes ? Est-ce qu'il pourrait rêver de moi la nuit ? Est-ce que je lui manquerais le soir ?...
Ce jeune homme, si j'avais soutenu son regard, qu'aurais-je pu y lire ? Aurait-il eu envie de me prendre dans ses bras, d'être tendre avec moi ? Est-ce possible que je puisse inspirer de douces pensées, juste dans un contact visuel ? ou tout court...
J'ai longtemps vécu avec un homme qui voulait me transformer pour que je corresponde à ses critères. Pour lui, j'ai frisé mes cheveux, j'ai fais du sport, j'ai porté des vêtements sexy... et pourtant, je brillais dans ses yeux uniquement lorsque l'un de ses amis lui faisait un compliment à mon sujet. Tout d'un coup, il me voyait autrement, que je le mette en valeur, il aimait ça plus que tout... mais il était toujours insatisfait. Car, les étoiles dans les yeux, n'étaient que des étoiles filantes, cela durait le temps d'une soirée. Il me disait qu'il ne pouvait pas me dire qu'il me trouvait jolie, car il ne le pensait pas... pourtant, il affirmait m'aimer... et un jour il m'a dit, que ce qu'il aimait le plus en moi... était ma façon de l'aimer... entièrement...
Est-ce que nous méritons les amours que nous vivons ?
La machine a plus de pouvoir que je ne pensais...
Au bout du compte, qui peut savoir dans quelle direction elle nous emmène ?..


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